Et oui, l'automne, les feuilles qui volent, le vent qui nous claque au visage, le ciel qui nous crache dessus, se débarassant de la sorte de tout ce qu'il l'encombrait, chose que nous sommes dans l'impossibilité de faire car il se trouve que nos cavités nasales sont bouchées (justement à cause de ce foutu vent et de ce crachin intempestif) et que les bonnes convenances nous interdisent d'évacuer le surplus par la bouche... Oui, ce même automne qui fait que le matin devient encore davantage synonyme de calvaire, celui qui nous pousse à envier le merveilleux sort des ursidés et autres êtres sauvages, qui, tout chanceux qu'ils sont, entrent en hibernation jusqu'au moment où le soleil recommencera vraiment à jouer son rôle de diffuseur thermique; ce même automne en qui certains vouent un culte pour la beauté romanesque qu'offrent ses paysages, et sur qui d'autres crachent (pour lui rendre la pareille) en dénonçant sa facheuse habitude de nous rendre dans un piteux état. Ainsi, nous proposons à notre entourage un teint cadavérique, une voie enrouée, le bout des doigts mauves et un corps grossi par les couches successives de pulls, et pour peu qu'on puisse apercevoir le visage à travers l'écharpe en laine (tricotée par mamy ou achetée chez H&M), un nez rougi et des lèvres gercées.
Et non, tout ça ne nous réussit pas. Habituellement canons de beauté, nous voilà privés d'une partie de notre charme légendaire et ceci est, vous en conviendrez aisément, tout bonnement inadmissible. Nous avons donc pour solution soit d'éradiquer définitivement l'automne de notre calendrier grégorien, soit de créer de nouveaux critères de beauté, propres à chaque saison, pourquoi pas?
Sur ce, vivement l'hiver et ses fêtes vivantes et colorées, et d'ici là nous n'avons pas d'autres choix, contraignons-nous à prendre notre mal en patience.
Bonne soirée, beaux jeunes gens.